Histoires pour enfants

Princesse Candice et la mélodie volée

Histoires pour enfants

Dans la Forêt enchantée, Princesse Candice rencontre un Musicien qui a perdu sa mélodie. Avec Princesse Lila et un Renard malin, elle ose approcher une sorcière pour la récupérer… grâce à une chanson-bêtise et beaucoup de gentillesse.
Princesse Candice et la mélodie volée

Princesse Candice était une petite fille princesse. Elle avait une couronne un peu de travers, parce qu’elle courait partout. Elle était douce, mais très curieuse. Elle aimait poser des questions à tout le monde.

Un matin, elle se promena dans la Forêt enchantée. Les arbres y chuchotaient comme des grands qui racontent des secrets. Les feuilles brillaient comme des petits boutons verts.

Candice tenait un petit panier. Dedans, elle avait des rubans, une pomme, et un mouchoir rose.

Dans une clairière, elle vit un Musicien. Il avait un chapeau rond et un instrument qui ressemblait à un petit violon. Il jouait une mélodie si jolie que même les cailloux semblaient écouter.

« Bonjour, Princesse Candice ! » dit le Musicien.

« Bonjour ! Ta musique fait rire les arbres ! » répondit Candice.

Le Musicien s’arrêta net. Il regarda autour de lui. Il pâlit un peu.

« Oh non… » murmura-t-il.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda Candice.

« Ma mélodie a disparu. Elle était dans ma tête, comme un petit oiseau. Et là… pouf ! Plus rien. Je n’ai plus que trois notes : do… do… et do. »

Il joua : do, do, do. C’était drôle, mais aussi un peu triste.

Candice mit sa main sur sa joue.

« On va la retrouver ! » dit-elle. « Une mélodie, ça ne peut pas juste se sauver. Elle a dû se cacher. »

À ce moment-là, une autre Princesse arriva. Elle s’appelait Princesse Lila. Elle était un peu plus grande, très fière, et elle marchait tout droit comme un piquet.

« Je cherche le Musicien, » dit Lila. « Ce soir, il doit jouer au bal. Sans musique, mon bal sera… silencieux. Et un bal silencieux, c’est juste des chaussures qui font toc toc. »

Candice hocha la tête.

« On va aider. Tous les trois ! »

« Quatre, » dit une petite voix.

Un Renard sortit d’un buisson. Il avait une queue rousse comme une flamme et des yeux vifs. Il avait l’air malin, mais gentil.

« Je connais la Forêt enchantée, » dit le Renard. « Je sais aussi quand quelqu’un fait des bêtises. »

« Tu sais où est la mélodie ? » demanda Candice.

Le Renard remua le museau.

« Je sens une odeur de… magie. Une magie un peu piquante. Comme une soupe trop poivrée. »

Candice frissonna.

« Une sorcière ? »

Le Renard fit oui.

« La Sorcière de la Souche Noire adore voler ce qui brille. Pas que l’or. Les rires, les chansons, les couleurs… tout ce qui rend heureux. »

Le Musicien serra son instrument.

« Elle a pris ma mélodie… »

Princesse Lila tapa du pied.

« Personne ne vole mon bal ! »

Candice, elle, respira doucement. Elle n’aimait pas les disputes, mais elle était courageuse quand il fallait.

« D’accord, » dit-elle. « On va la retrouver. Mais sans crier. On va être malins. »

Le Renard sourit.

« Voilà une princesse qui pense avec sa tête. Suivez-moi. »

Ils marchèrent sous des branches qui faisaient des arches. Ils passèrent près d’un champ de champignons qui semblaient porter des chapeaux. Puis ils arrivèrent à un petit marais. L’eau faisait gloup gloup.

« Attention, » dit le Renard. « Les pierres ici bougent. »

Candice posa un ruban sur une pierre.

« Comme ça, on saura le chemin du retour ! » dit-elle.

Princesse Lila leva un sourcil.

« C’est… malin, » admit-elle.

Au bout du marais, il y avait une vieille souche énorme. Elle ressemblait à une porte. On entendait un petit bruit : chhh… chhh… comme quelqu’un qui remue un chaudron.

Le Musicien chuchota :

« C’est là. Je le sens. Mon cœur fait boum-boum en rythme… mais sans chanson. »

Candice s’approcha. Elle vit une fenêtre minuscule dans la souche. Elle regarda.

À l’intérieur, la Sorcière tournait une cuillère. Dans un bocal, il y avait… des notes de musique ! Elles flottaient comme des lucioles. Et tout au fond, une mélodie entière roulée comme un ruban doré.

Candice murmura :

« Elle l’a enfermée… »

Le Renard souffla :

« Elle aime garder les choses pour elle, mais elle déteste être surprise. »

Princesse Lila voulait déjà frapper à la porte.

« Laisse-moi faire ! Je vais dire : Rendez-la ! »

Candice posa sa main sur le bras de Lila.

« Si on crie, elle va cacher le bocal. On va faire autrement. On va lui donner quelque chose… pour qu’elle ouvre elle-même. »

Le Musicien cligna des yeux.

« Mais on n’a rien de précieux… »

Candice regarda son panier. Elle eut une idée.

« J’ai une pomme. Et mon mouchoir rose. Et… » Elle sourit. « Et toi, tu as trois notes : do, do, do. »

Le Musicien joua doucement : do, do, do.

Candice rit un tout petit peu.

« C’est drôle ! Une sorcière qui vole les chansons… elle n’entend sûrement jamais de choses rigolotes. On va lui faire une surprise drôle. »

Le Renard pencha la tête.

« Une blague musicale ? J’aime ça. »

Candice prit le mouchoir rose et le noua comme un petit drapeau au bout d’une branche. Puis elle posa la pomme devant la porte de la souche.

Elle chanta très doucement, avec le Musicien :

« Do do do, pomme au dodo,
Si tu l’attrapes, tu dis bravo ! »

Princesse Lila pouffa malgré elle.

La porte-souche grinça. La Sorcière sortit le nez. Elle avait un grand chignon et des doigts longs. Elle renifla la pomme.

« Qui ose déposer un goûter devant chez moi ? » grogna-t-elle.

Candice fit une révérence polie.

« Bonjour, Madame la Sorcière. On a entendu que vous aimiez collectionner. Nous, on aime partager. On vous apporte une pomme… et une chanson-bêtise. »

La Sorcière plissa les yeux.

« Une chanson-bêtise ? »

Le Musicien joua : do, do, do.

Candice ajouta :

« Do do do, chapeau trop gros,
Il tombe et fait plouf dans l’eau ! »

Le Renard fit semblant de porter un chapeau énorme et il trébucha exprès. Il fit : « Plouf ! »

Princesse Lila éclata de rire. Un rire clair, comme une clochette.

La Sorcière… resta figée. Puis, sans le vouloir, sa bouche se tordit. Un petit son sortit : « Hih. »

Candice le vit.

« Elle a ri ! » pensa-t-elle.

La Sorcière secoua la tête.

« Je ne ris pas. Jamais. »

Mais ses yeux brillaient un peu.

Candice continua, très gentille :

« On peut en faire une autre, si vous voulez. Mais… on cherche aussi une mélodie. Une vraie, très belle. Elle manque au Musicien. Sans elle, son cœur fait boum sans danser. »

Le Musicien regarda ses chaussures.

« C’est ma mélodie… s’il vous plaît. »

La Sorcière serra son tablier.

« Les mélodies sont difficiles à attraper. Celle-ci est parfaite. Elle brille. Je la garde. »

Le Renard s’avança.

« Garder, c’est lourd. Partager, c’est léger, » dit-il.

La Sorcière fronça les sourcils.

« Les renards parlent trop. »

Candice eut une idée encore plus douce.

« Madame la Sorcière… si on vous joue la mélodie au bal, tout le monde dira : “Quelle belle mélodie !” Et on pourra dire : “Elle vient de chez vous.” Vous serez la plus grande collectionneuse de la forêt. Mais… une collectionneuse connue. »

Princesse Lila ajouta vite :

« Et je peux vous offrir une place au premier rang. Avec une chaise moelleuse. »

La Sorcière ouvrit grand les yeux.

« Une chaise moelleuse ? »

Candice hocha la tête.

« Et… une part de gâteau. »

La Sorcière hésita. On aurait dit qu’elle avait deux pensées qui se tiraient la robe.

Enfin, elle grogna :

« Bon. Mais je veux entendre encore la chanson-bêtise. »

Le Musicien joua, Candice chanta, le Renard fit « plouf », et même Lila fit une petite danse.

La Sorcière éclata d’un vrai rire. Un gros rire : « HAH ! »

Et à ce moment-là… le bocal de notes se mit à vibrer tout seul, comme s’il était heureux.

La Sorcière ouvrit la porte en grand, attrapa le bocal, et le posa devant Candice.

« Prenez. Mais faites attention : une mélodie, ça s’envole si on la traite mal. »

Candice prit le ruban doré de la mélodie et le posa près de l’oreille du Musicien.

La mélodie entra dans sa tête, comme un oiseau qui rentre au nid.

Le Musicien sourit très fort.

« Je l’entends ! » dit-il. « Elle est revenue ! »

Et il joua. La Forêt enchantée sembla respirer avec la musique. Les feuilles frémirent. Les champignons se balancèrent.

Le Renard remua la queue.

« Mission réussie, » dit-il.

Princesse Lila regarda Candice.

« Tu as gagné sans crier, » dit-elle. « Tu es… une vraie cheffe. »

Candice rougit.

Le soir, au bal, le Musicien joua la mélodie retrouvée. Les invités dansèrent. Même les lanternes semblaient tourner.

Et au premier rang, sur une chaise très moelleuse, la Sorcière était assise. Elle mangeait une part de gâteau, le menton un peu collant. Elle essayait de ne pas sourire, mais ça ne marchait pas très bien.

À la fin, Princesse Lila offrit à Candice un petit coffre.

« Pour toi, » dit-elle.

Candice ouvrit. Dedans, il y avait une couronne neuve, avec une petite pierre qui brillait comme une note de musique.

« Quand tu la portes, » dit le Musicien, « elle te rappellera que la gentillesse peut ouvrir même les portes les plus grinçantes. »

Candice posa la couronne sur sa tête.

Elle n’était plus de travers.

Mais Candice, elle, pencha un peu la tête en riant.

« Do do do ! » fit-elle.

Et tout le monde répondit en chœur :

« Bravo ! »



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