
Dans un grand palais, très grand, vit Kaïs le fou des îles. C’est un superhéros. Il est drôle. Il est gentil. Il aide tout le monde.
Ce matin, le palais fait « oups ». Les couleurs ont disparu. Les murs sont gris. Les tapis sont gris. Même les rideaux sont gris.
Kaïs cligne des yeux. « Oh non. Où sont les couleurs ? »
Un petit animal imaginaire arrive en trottinant. Il s’appelle Pipo. Pipo a des oreilles en nuage et une queue en arc. Il sent la vanille.
Pipo chuchote : « Les couleurs se sont cachées. J’ai entendu un pas… BOUM… BOUM… »
Kaïs écoute. Au loin : « BOUM… BOUM… »
Un géant marche près du palais. Il est énorme. Il a un manteau trop court. Il a l’air triste.
Kaïs met sa cape. « Je vais voir. Pipo, viens. »
Ils traversent un long couloir. Ils passent une porte dorée. Ils arrivent dans la grande salle.
Là, le géant est assis par terre. Il renifle. « Snif… »
Kaïs ne crie pas. Kaïs parle doucement : « Bonjour, Géant. Pourquoi tu es là ? »
Le géant se gratte la tête. « J’ai voulu regarder le palais. Mais je suis trop grand. J’ai touché les pots de peinture. Tout est tombé. Alors les couleurs ont eu peur. Elles sont parties. »
Pipo fait un petit « piii ». Il a un peu peur, mais il reste.
Kaïs dit : « On peut réparer. On va chercher les couleurs. D’accord ? »
Le géant ouvre ses grandes mains. Dans une main, il y a un petit flacon. Une poussière brillante dedans.
« J’ai trouvé ça, » dit le géant. « Je ne sais pas quoi faire. »
Kaïs sourit. « C’est de la poussière de couleur ! Super ! »
La quête commence. Kaïs et Pipo courent dans le palais.
Ils regardent sous la table. Rien.
Ils regardent derrière un rideau. « Coucou ! » Rien.
Pipo écoute les murs. « Chut… j’entends un petit rire. »
Dans une petite niche, ils voient une goutte rouge. Elle tremble.
Kaïs dit tout doux : « Rouge, tu peux revenir. Le géant ne veut pas faire peur. »
La goutte rouge saute dans le flacon. Plop !
Puis ils trouvent du bleu près d’une fontaine. Plop !
Puis du jaune dans un rayon de soleil. Plop !
Le flacon devient lumineux. Il brille comme une petite étoile.
Kaïs revient vers le géant. « Regarde. On a les couleurs. Mais il faut être délicat. »
Le géant hoche la tête très fort. « Je vais être tout petit… enfin… j’essaie ! »
Il se met à genoux. Il souffle doucement. « Fffff… »
Kaïs secoue le flacon : « Un, deux, trois… couleurs, dansez ! »
Pipo tourne sur lui-même. Sa queue fait un rond. Les couleurs s’envolent en rubans.
Le rouge va sur les tapis. Le bleu va sur les murs. Le jaune va sur les rideaux.
Le palais redevient beau. Même la porte dorée semble rire.
Le géant sourit. « Merci. Je suis désolé. »
Kaïs dit : « Tu peux aider. Tu peux porter les gros seaux, mais doucement. »
Le géant dit : « Dou-ce-ment. »
Alors Kaïs reçoit une récompense : un coffre du palais s’ouvre tout seul. Dedans, il y a des crayons géants, de toutes les couleurs, et une cape neuve avec un petit soleil.
Kaïs rit : « Waouh ! Je vais dessiner des îles partout ! »
Pipo saute : « Et moi, je fais les ronds ! »
Le géant applaudit, sans faire trop de bruit. Le palais est content. Et les couleurs aussi.